Le Yop de la honte

Publié le par Lokiane

Cette nuit j'ai joué de malchance.

D'abord je suis allée visiter un petit village touristique, mais comme on approchait des fêtes de Noël, la foule bruyante me gâchait la promenade. Ils n'ont rien d'autre à faire tous ces gens que de s'agglutiner dans les rues de si bon matin ? Bon ok, je fais comme eux. Mais moi c'est pas pareil...

Ensuite j'ai voulu m'acheter un matelas (oui, toujours dans le village touristique, le matelas était peut-être la spécialité locale ?).
Dans le premier magasin le vendeur m'a bien expliqué ce qu'il me fallait avant de me dire qu'il n'en avait pas. Mais il m'a indiqué quel magasin en vendait.
Dans ce second magasin, la vendeuse m'a rassurée, tout en se dirigeant vers l'arrière boutique : pas de problème elle en avait en stock. Sauf que. Sauf que les stocks n'étaient pas dans le village et qu'il y avait un délai d'une heure pour la livraison. Or j'avais un train à 9h30, je ne pouvais donc pas attendre. Encore raté.

Finalement je me résigne à repartir sans matelas et décide de sortir du village en passant par le parc.
Je m'aperçois très vite que je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée : je me retrouve dans une sorte de procession, une longue file de personnes marchant côte à côte et dans la même direction.
Tout en marchant je regarde autour de moi et constate que le parc n'est pas très propre : un peu partout des tâches blanches ressortent sur le gris des rochers ou le vert de la pelouse, d'autant plus sombres qu'il fait encore nuit. Je remarque alors que beaucoup de mes voisins boivent du Yop en marchant et en renversent, volontairement, sur leur passage.
Je trouve ça scandaleux : le Yop c'est bon dans la bouche mais moche sur la pelouse... je ne voit vraiment pas l'intérêt d'en renverser partout. Ca m'agace tellement que je fini par interpeller une ado, en flagrant délit de vidange de Yop au bord du chemin. Je lui fais part de mes sentiments, elle redresse sa bouteille, et nous reprenons notre marche chacune de notre côté.
Après quelques minutes, et comme le soleil ne s'est toujours pas levé je me demande quelle heure il est, et je regarde ma montre. En tournant le poignet. Au bout duquel ma main tient une bouteille de Yop. Débouchée. Forcément le contenu se déverse sur le sol, et sur mes chaussures.
J'espère vraiment que l'ado que je viens de gronder ne regardait pas dans ma direction...

Publié dans Rêve

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